Alors qui suis-je ? 4/4

Publié le par Ange Baldomero

Alors qui suis-je ? 4/4

Suis-je celui qui se demande qui il est ?

Ou suis-je la vie qui s’exprime ?

Suis-je celui cherche des réponses sur Google

ou dans des livres achetés sur Amazon,

qui envoie des sms avec son I-Phone

et écrit sur son Mac ?

Ou suis-je une vague au milieu de l’océan ?

Suis-je celui qui est inscrit sur la liste ?

Ou suis-je celui qui est l’instant présent ?

 

On se demande comment la conscience est apparue à l’homme.

Mais l’homme était d’abord conscient comme chaque animal.

Puis le langage est arrivé

et la conscience de l’homme s’est divisée en deux.

Perceptions, sentiments, émotions d’un côté

et langage de l’autre.

Un signe est divisé en deux, signifiant et signifié

et désigne autre chose que ce qu’il est.

Le mot « Arbre » n’est pas un arbre.

L’homme a perdu la conscience directe de l’arbre

mais peut l’imaginer grâce à un simple mot.

Le sujet lui-même n’est qu’un signifiant

dans une liste de signifiants.

Ce qui  fait de nous des humains,

c’est qu’avant même notre naissance,

nous avons affaire au langage

puis avons construit un Moi en fonction de celui-ci,

un inconscient et une coupure avec notre conscience.

La conscience n’est pas venue s’ajouter,

c’est le langage qui s’est ajouté.

La conscience s’est affaiblie,

nos sens ont perdu en performance,

nous voyons moins bien que beaucoup d’animaux,

courrons moins vite, avons perdu nos intuitions,

ne sentons presque plus rien, notre ouïe est déficiente,

nous n’écoutons plus nos sensations

et cherchons à nier nos émotions.

Nous sommes devenus l’animal

le moins adapté de cette planète.

Mais en échange le langage nous a donné une raison,

un moyen de détourner la réalité,

une intelligence qui nous a permis d’asservir

tous les autres animaux de cette planète

et la planète elle-même

y compris les autres animaux de notre espèce,

les êtres dits humains.

Quelle belle arme de guerre que la raison

qui peut condamner à mort un homme ou mille

d’un simple mot,

tuer la Terre, les abeilles, des enfants,

d’une simple parole,

d’une simple signature en bas d’un papier.

Pauvre conscience !

Nous ne sommes plus : « Je suis » ;

Nous sommes : « Ça parle ! »

Quand ça se tait, que « Moi » a disparu,

qu’en pleine conscience, plus personne ne parle,

alors « Je » redevient juste

celui qui est.

Publié dans Pensées

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